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Interview de Jacob Desvarieux-16/06/2006 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
19-06-2006
Index de l'article
Interview de Jacob Desvarieux-16/06/2006
Page 2



 

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Kribich : Kassav est un groupe d' artistes d'horizons divers.Est-ce le fruit du hasard ou était-ce calculé?

Jacob D : Le concept Kassav' est né d'une réflexion de Pierre-Edouard Décimus.

Il est parti du constat que la musique antillaise était bien appréciée un peu partout mais

sans qu'elle réussisse véritablement à percer à l'international. Peut-être du fait qu'on n'avait pas les mêmes moyens que les autres.

D'autre part, il faisait partie d'un groupe nommé "Les Vikings". En cette période de recherche identitaire dans les antilles (fin des années 70, début des années 80), il s'est dit qu'il aurait du mal à expliquer à ses enfants pourquoi son groupe se nommait ainsi.


Il a alors entrepris de créer un nouveau concept en remaniant la musique antillaise. Il cherchait pour cela un arrangeur qui avait l'expérience d'autres musiques tout en connaissant la musique antillaise. Il m'a trouvé, par hasard et on a donc travaillé ensemble. Le résultat a plu mais ce n'était pas encore le succès commercial.
 Il a donc recherché des artistes de divers horizons. Le but était qu'ils enrichissent cette musique d'expériences et d'influences diverses tout  en connaissant et en comprenant la musique antillaise. En effet, les antillais et les noirs en général, devaient s'y reconnaitre du fait de cette quête générale d'identité.

Ca a donné quelque chose de bien qui a inspiré d'autres musiques.

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Kribich : Tu as participé au grand méchant zouk samedi dernier, quelles ont été tes impressions?

Jacob D: Pour moi, c'était un coup d'essai car le premier GMZ a eu lieu il y a 16 ans. Tout a changé entre temps : le public, le marché,... . C'était donc difficile de faire la même chose. Il a fallu trouver d'autres idées.

Au final, on a déplacé du monde, c'est quand même pas mal. Et les jeunes artistes s'en sont bien sortis.

Je pense que dans les années qui viennent, on fera de mieux en mieux. On tentera de faire un GMZ par an et à plus d'endroits. On a plusieurs idées à explorer. Par exemple, faire un GMZ avec des gens comme Steevy Wonder, Corneille, Seal qui ne sont pas de l'univers du zouk à la base mais qui le comprennent tout de même.


Kribich : On voit que tu t'ouvres à d'autres musiques, d'autres styles. Tu as travaillé avec Passi ou Lorie.

Jacob D : Ce travail avec Passy s'inscrit dans une autre démarche.
Le hip-hop n'est pas une musique que j'aime particulièrement. Je n'ai rien contre non plus.

En fait, ce qui me dérange ce n'est pas la musique, c'est le fait que les jeunes qui vivent en France et qui sont originaires soit des antilles, soit de l'Afrique, s'identifient à des américains (s'habillent comme eux, parlent de la banlieue de Los Angeles comme s'ils y avaient grandi,...).

Passy aime bien le hip hop lui aussi c'est normal puisqu'il a grandi ici. Mais il vient du Congo et a grandi également avec des musiques africaines et antillaises.

Il rend hommage à ces musiques et c'est ce qui m'a plu en lui.

Avec Lorie, c'est encore autre chose. Elle touche le public des enfants, or les médias jeunes ne passent pas Kassav' car nous jouons la musique de leurs parents. C'était un moyen de les atteindre.

De plus, c'est Lorie qui a tenté de faire un morceau de zouk. Elle a donc fait appel à moi. Je voulais que ce soit bien. Je pense que c'est le cas, les enfants aiment bien. Ca leur permet d'apprécier le zouk et de le voir simplement comme de la musique.

D'autre part, je n'ai pas envie de voir le zouk prendre le chemin du jazz ou du blues, c'est à dire que ces musiques ont été récupérées par des blancs alors que les noirs sont restés au bord du trottoir regardant leur musique exploitée et remporter succès sur succès.

Je préfère donc qu'ils viennent me voir pour que je leur fasse des morceaux de zouk plutot que de regarder réussir avec la musique qu'on a inventé.


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Dernière mise à jour : ( 22-06-2006 )
 
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