calendrier
Decembre 2008
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31 1 2 3 4
Ce mois
Advertisement
flux rss
Les dernières news de Kribich en live
les plus lus
inscris toi





Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous
autres articles
Que se passe t'il réellement à Cuba? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
22-06-2006
Index de l'article
Que se passe t'il réellement à Cuba?
Page 2
Page 3
Page 4
Page 5

Image

Les observations éclairées de  Danielle Bleitrach, sociologue sont le fruit
d’un séjour d’environs deux mois dans l’île de février 2006 au début avril
de la même année. Enfin des informations non détournées de ce
qu'il se passe à Cuba.



I- Pourquoi, il est difficile d’expliquer ce qui se passe à Cuba :
 

  1- Ceci est vrai pour toutes les sociétés, y compris celle dans la quelle nous vivons, il faut lutter contre ce que Bourdieu appelait « l’ illusion d’un savoir immédiat », mais ça l’est encore plus pour une société qui est l’objet d’une telle déformation de la part des médias et «  bénéficie » d’une telle charge symbolique parce qu’elle a choisi le socialisme. Toutes les questions que nous avons dans la tête, et il y en a une récurrente « que va-t-il advenir de Cuba après Castro ? », méritent un long développement. Répondre à la question suppose de refaire le terrain, voir comment cette question se pose réellement à Cuba à partir de la conception et de la pratique politique cubaine et non de la notre. 

  2- Je suis allée à Cuba avec une préoccupation. Il y avait eu le discours de Fidel du 17 novembre à l’Université, ce discours m’était apparu d’une grande importance, non seulement parce qu’il posait un certain nombre de questions politiques et historiques sur le socialisme, mais parce qu’il témoignait qu’un processus de correction en acte de la société cubaine. Pendant mon séjour, j’ai effectivement constaté que ce processus était à l’ ouvre, mais disons qu’il en était à ses débuts, en rendre compte aujourd’hui est passionnant mais risque d’introduire une déformation, le mieux paraît être de le décrire dans un temps t2. 

  3- Ce discours était centré sur les réformes internes, celles qui sont jugées nécessaires pour que Cuba, avec ou sans Fidel Castro, puisse poursuivre sa trajectoire socialiste, mais on ne peut isoler, et les Cubains ne le font pas, ces réformes internes du contexte international. Il s’agit là encore de Cuba mais pas seulement. Comme nous le notions dans DE MAL EMPIRE, un des problèmes auxquels l’actuelle mondialisation impérialiste nous confronte, est que justement elle prétend empêcher toute réforme interne. Ici même en France, en Europe, « la réforme » est devenue simple adaptation à cette mondialisation néo-libérale, remise en cause des acquis, et renforcement des inégalités, le phénomène est encore plus violent dans les pays du tiers monde où la marge de jeu par rapport aux institutions internationales comme le FMI, aux multinationales, mais aussi aux menaces d’ intervention militaire, est encore plus étroite. Donc « le travail » que Cuba accomplit sur elle-même, ne doit pas être isolé de l’intense activité internationale à laquelle l’île participe et dont elle est un des principaux acteurs.
 

  4- Non seulement les Français sont convaincus de tout savoir et se permettent le plus souvent de prétendre à une opinion politique avec sur le fond un terrible déficit d’information et quelques stéréotypes, mais leur jugement est de plus en plus passif. Les vingt ans de contre-révolution que nous avons subis, ont abouti à un véritable désert organisationnel. Il existe certes des partis, des syndicats, les associations prolifèrent, mais tous témoignent de leur incapacité à favoriser l’intervention politique de la masse de la population. Comment des faits majeurs comme le NON à la Constitution européenne, le grand rassemblement contre le CPE, peuvent-ils déboucher sur le maintien des mêmes, sur la caricature de l’échéance présidentielle de 2007 ? La grande question n’est donc pas seulement d’être informé, mais de savoir ce que l’on prétend faire de l’information. On conçoit que dans un tel contexte, le cas de Cuba, qui non seulement s’ obstine dans son choix socialiste, mais le met en ouvre a des difficultés à être perçu... Cela dépasse le discrédit qui depuis plus de vint ans s’attache au choix socialiste, l’incompréhension porte sur la définition même de la politique pour les uns et pour les autres...
  Le plus simple est sans doute de conserver la forme du dialogue tel qu’il s’ est développé avec mes interlocuteurs français à propos de l’évolution de la situation à Cuba, et de considérer que mes réponses sont de simples notations inachevées.



Dernière mise à jour : ( 09-07-2006 )
 
< Précédent   Suivant >