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L’apport amérindien à la culture créole: quelques exemples concrets. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
28-06-2006
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Les Caraïbes des Petites Antilles peuple et nation organisée et conscients de leur unité culturelle jouèrent un rôle diplomatique important dans leur zone de résidence tout au long de l’ancien régime.

Dès la prise de possession des Petites Antilles par les Européens, un jeu triangulaire s’instaura entre les Français, Anglais et Caraïbes. Ces derniers résistèrent à leur spoliation par les armes mais aussi en jouant un jeu diplomatique subtil opposant France et Angleterre.Avec le Traité de  1160 les 2 royaumes d’Angleterre et de France reconnaissent la souveraineté caraïbe sur Saint Vincent et la Dominique, ce Traité  fut la base de ce jeu à 3 qui perdura jusqu’en 1763. Au fil du temps et au gré des régimes politiques, l'administration coloniale évolue dans la perception de ces citoyens : de "sauvages" au milieu du XVII° siècle ils deviennent "nation caraïbe" au XIX°siècle. Ils sont rapidement intégrés, dans la société coloniale, aux libres de couleurs.
Des contacts plus secrets ont pu avoir lieu au début de la colonisation entre esclaves fugitifs et caraïbes de l'île. Ce sont en particulier les lieux de marronnages, qui peuvent être aussi refuges et places rituelles amérindiennes.
Ce type de contacts, on le sait, s'est produit sur l'île d'Hispaniola, entre esclaves marrons et Taïnos.Le peuple Caraïbe fut renforcé par la cargaison d’un navire négrier échoué au XVII siècle sur l’une des Grenadines et qui en se métissant intégra complètement la culture caraïbe au point de s’identifier au peuple hôte. Ce sont les Caraïbes noirs de Saint Vincent.Avec le Traité de Paris 1763, les Français abandonnent les Caraïbes qui résistèrent aux Anglais jusqu’à la période révolutionnaire où vaincus définitivement les survivants furent déportés sur l’Ile de Roatan au HondurasIl parait donc évident, à travers ces récits que des échanges culturels ont eu lieu entre les communautés caraïbe, esclaves, libres de couleurs et même engagés.

 

L'héritage amérindien "héritage inconscient"

De la nation caraïbe, il ne reste aujourd'hui que deux communautés Garifuna :
  • la première, sur l'île de la Dominique toute proche, descendant directement des caraïbes réfugiés après le traité de 1660, est malheureusement devenue un produit touristique tendant à lui faire perdre son authenticité,
  • la seconde, issue des caraïbes noirs de Saint Vincent déportés par les anglais, est répartie entre le Belize et le Guatemala; elle a plus conservé son genre de vie traditionnelle, sa langue et son identité.
Mais l'apport amérindien à la culture créole reste une réalité quasi quotidienne souvent domestique. Au plan culinaire, le manioc et le piment constituent les apports les plus clairs. Les caraïbes tiraient du manioc dont le nom vient du tupi "mandioca" une grande partie de leur nourriture, et ses produits dérivés, comme la kassav, furent très appréciés des colons. Le piment est originaire d'Amérique tropicale, cultivé dés 4'000 av. Jésus Christ. Les taïnos l'appellent daji, le terme espagnol de pimienta (poivre) lui fut attribué au moment de sa diffusion en Europe. Les caraïbes préparaient une sauce à base de piment qui accompagnait tous leurs plats "Nos indiens en usent de tous ce qu'ils mangent au lieu de sel en cette façon". Parmi les plats traditionnels, le calalou, soupe d'herbage est un terme tupi, de même que le migan, sorte de purée de consistance crémeuse aujourd'hui le plus souvent préparé avec du fruit à pain mais à l'origine à base de malangas ou choux caraïbe. Voici également quelques exemples de plantes sauvages de la Caraïbe et leurs usages :
  • l'huile de carapate ayant de nombreuses utilisations chez les amérindiens: usage externe comme peinture de guerre ou pour graisser les cheveux mais aussi interne comme purgatif,
  • l'herbe mal tet dont les feuilles étaient déjà utilisées contre le mal de tête par les caraïbes,
  • le pourpier : les feuilles en étaient bouillies et consommées par les caraïbes, il est encore d'usage de les consommer en salade,
  • le bilimbi ,
  • pied poule ou patte à poule était chez les caraïbes censé nettoyer le sang,
  • enfin le tabac utilisé principalement comme plante médicinale chez les amérindien a eu le même usage au début de la colonisation.
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Dernière mise à jour : ( 30-06-2006 )
 
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