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Jony Lerond dit Sòmnanbil : Le Gwoka a de l'avenir! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
29-06-2006

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Kribich : D’où te vient ta passion pour le Gwoka ? Quels sont tes inspirateurs ?

Sòmnanbil : Petit déjà, je me servais de tout comme d’un tambour : je tapais sur les casseroles de ma mère, les roches,… . C’est une deuxième nature. Et puis,

j’aimais beaucoup écouter les chanteurs de Gwoka Robert Loison, Ti Céleste, Anzala, Esnard Boisdur,… .

Après la mort de ma mère, j’ai connu Bébé Rospart, j’ai intégré son école de Gwoka. 

J’ai appris le Gwoka à la façon « Indèstwas » : C’est une expression qu’on a sur la Basse-Terre pour décrire le tambour joué avec plus d’esprit. J’apprenais vite.


Kribich : D’où vient ce surnom de "Sòmnanbil" ?


Sòmnanbil : C’est moi qui me suis surnommé de cette façon.

Un somnambule se lève pendant son sommeil mais il entend tout et ne se cogne nulle part.

Tu peux avoir des connaissances, des gens proches de toi mais qui médisent de toi.

Comme le somnambule, j’entends tout, c’est juste que je fais semblant de ne rien entendre, je ne dis rien.


Kribich : Quel rôle l’école de Gwoka a-t-elle joué dans ta carrière actuelle ?  


Sòmnanbil
: J’avais déjà la passion, la volonté et un certain don.

L’école m’a apporté le noyau, c'est-à-dire la maîtrise, la technique.

C’est à partir de ces deux choses que je peux faire ce que je veux.



Kribich : Combien de temps es-tu resté dans cette école ?


Sòmnanbil : Je n’ai jamais quitté l’école, j’y retourne chaque fois que je vais en Guadeloupe. J’y joue, j’y enseigne pour donner un coup de main.



Kribich : Comment as-tu réussi à percer dans le milieu ? C’est un milieu assez restreint, les places sont chères, non ?


Sòmnanbil : Ca dépend de ce qu’on veut. Je suis carreleur de profession. Le Gwoka est une nature, une passion. J’en vivrai peut-être un jour puisque j’ai de plus en plus de contrats.



Kribich : Quel message veux-tu faire passer par le Gwoka ?

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Sòmnanbil : « Tou sa kè nou ka viv »

Je parle de la vie, d’histoires vécues par moi ou par d’autres.

J’ai vécu beaucoup de choses tristes. J’ai aussi vécu des choses bien donc j’en parle.

Je parles de choses qui me touchent. On ne trouve pas souvent cela dans le milieu.



Kribich : Le Gwoka représente un retour à nos origines, la lutte contre l’oubli du passé.

Constates-tu un nouvel engouement des gens, voire de la jeunesse pour cette musique traditionnelle ?


Sòmnanbil : Depuis quelques années,  je trouve que les jeunes s’intéressent de plus en plus à leur culture.

On intègre aussi de plus en plus le Gwoka dans des musiques actuelles (ragga, zouk,…).

Le Gwoka  a beaucoup d’avenir. Il y a de plus en plus de jeunes qui s’y intéressent par le biais des associations. Je trouve que ces dernières mènent un travail formidable.



Kribich : Penses-tu rester dans le domaine du Ka ou t’internationaliser en allant vers des musiques plus à la mode ?


Sòmnanbil : Je continuerai à faire du Gwoka traditionnel. J’irai aussi vers les musiques à la mode mais ma mode  c'est-à-dire que je ferai aussi du Gwoka plus évolué.

Il y a beaucoup de musiques actuelles qui me plaisent. Les jeunes qui font du ragga et de la dancehall par exemple, sont à fond dans ce qu’ils font. Ils me donnent envie de faire quelque chose avec eux (par exemple, mélanger leur musique au Gwoka). Je fais les choses au feeling, je verrai bien.


   

Kribich : Penses-tu qu’un jour, le Gwoka sera connu des grands médias, est-ce souhaitable ?


Sòmnanbil : Oui, je souhaite que le Gwoka soit médiatisé et s’internationalise. Je ne pense pas qu’il y ait de risques de perdre les sources du Gwoka en faisant cela. On peut faire un CD de Gwoka, et consacrer trois morceaux à un Gwoka plus international.

Le but est de s’exporter et de faire en sorte que les autres pays comprennent aussi notre musique. On ne peut pas toujours rester dans son coin.

Je pense que c’est réalisable, d’ailleurs : je suis très communicatif et j’ai pas mal de contacts, on peut donc mener le projet loin.



Kribich : Peux-tu nous parler de ton investissement associatif et de ton groupe Jenn ki ka ?

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Sòmnanbil : Je suis très investi dans de nombreuses associations (Bay lanmen, rayon de soleil,…), je donne beaucoup de coups de main car j’aime aider, faire plaisir et je sais difficilement dire non. Mais comme on dit : « Maladi ka gaté vayan », il me faut lever le pied de temps en temps. (rires)


Au sein de Jenn ki ka, mon travail est différent. Ce que l’on fait dans ce groupe est plus professionnel.  On se connaît, on a nos codes pour nous comprendre.

Même s’il y a parfois quelques coups de gueule, on s’entend bien.

J’ai fait mon premier album au sein de ce groupe en 2004.



Kribich : Quels sont tes projets scéniques ?


Sòmnanbil : L’album « Jennkika » doit sortir bientôt. On chantera chacun deux morceaux.

Et puis, on va tous en Guadeloupe pour participer au festival de Gwoka de Sainte-Anne qui se déroulera du 7 au 16 Juillet 2006.



Kribich : Quel message voudrais-tu faire passer aux jeunes ?

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Sòmnanbil : Pati, dérivé mè déviré ! On prend divers chemins, pas toujours ceux qu’on a choisi. Mais ne vous perdez pas en chemin, revenez toujours à la source.

Faites des recherches sur votre histoire. Il y a internet, maintenant. Ne regardez pas que l’amusement, le zouk.



Kribich  Une petite dédicace à Kribich.com?

Sòmnanbil : Fòs é kouraj ba kribich pou kè on jou, an tan’ di kè zòt rivé a bit a zòt –Force et courage à kribich pour que vous atteignez un jour votre but.










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bien mon fr?
written by Invité on 8.11.07

Bonne continuation, bon travail, comme quoi les efforts apportent toujours leurs fruits, surtout quand on est conscient de LA OU ON VIENT Signé Kléopât

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written by Invité on 12.3.07

Je passe les TPE sur le Gwo ka bientot j'aimerais pouvoir vous poser des questions.Notre thèse est que le Ka se voit de moins en moins pratiqué par les jeunes.Etes vous d'accord?

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Dernière mise à jour : ( 10-07-2006 )
 
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