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Louis Delgrès, symbole de résistance à l’Esclavage. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
13-07-2006
 Né libre, Louis Delgrès (Saint-Pierre 1766-Matouba 1802) meurt libre, dressé contre la servitude. Aujourd’hui encore, la Guadeloupe, la Martinique et les Antilles célèbrent la vie d’un homme qui a tout sacrifié pour la Liberté.Voici l’histoire d’un Homme « debout »


Image Louis Delgrès voit le jour à St-Pierre le2 août 1766. Sa mère est martiniquaise, son père aurait été fonctionnaire du Roi à Tobago. On en sait guère plus. Il est en tout cas considéré comme mulâtre.
Il entre dans les milices coloniales à 17 ans et sert, à la Martinique, sous les ordres du général Rochambeau en 1793.
Capturé par les Anglais en février 1794, lors de la prise de la Martinique, il est déporté en Angleterre. Libéré, rapatrié à Saint-Malo en mai 1794, il est nommé lieutenant et participe à la formation du bataillon des Antilles.
Envoyé en Guadeloupe en novembre 1794, il fait partie des troupes
chargées de conquérir Sainte-Lucie.

Image

Militaire de carrière, maintes fois remarqué pour ses faits de guerre sur les champs de bataille durant les combats opposant Français républicains et Anglais royalistes dans la Caraïbe, Delgrès n’aura de cesse de lutter pour l’idéal égalitaire de la République.En 1802, il est nommé colonel de l’armée française et est affecté à la protection de la Guadeloupe.
C’est avec le grade de Colonel qu’il commande la garnison de Basse-Terre. La période est relativement troublée.
A la différence de la Révolution américaine, la Révolution française de 1789, issue de la philosophie des Lumières, n’avait pris que cinq ans pour arriver à la conclusion que les Droits de l’homme et du Citoyen, proclamés universellement, devaient aussi s’appliquer aux populations serviles des colonies françaises.La Convention, Parlement de la Première République, abolit donc l’esclavage en 1794. Les calculs politiques n’étaient pas absents de cette décision : en abolissant l’esclavage, la France mettait en porte-à-faux l’empire colonial britannique dans la Caraïbe, affaiblissant l’ennemi du nouveau régime républicain.Dans la réalité, l’abolition de l’esclavage dans les Antilles française s’effectua dans un contexte de bataille contre les régiments britanniques qui occupaient les diverses îles. La Martinique occupée à partir de 17ème siècle avec la complicité des colons royalistes ne retourna dans le giron français qu’en 1814. En Guadeloupe, les forces britanniques furent face aux troupes républicaines dirigées par Victor HUGUES, envoyé de la Convention.

Bonaparte qui s’est proclamé Consul à vie, décide de rétablir l’esclavage, aboli depuis 1794, dans les colonies françaises
.
Pour Bonaparte, Saint-Domingue et son nouveau dirigeant Toussaint LOUVERTURE doivent être matés. Il n’est pas question d’offrir, dans la Caraïbe, le spectacle d’une armée de noirs affranchis par eux-mêmes et de mulâtres acquis à la cause du progrès.
Bonaparte envoie une armée à Saint Domingue, afin de soumettre Toussaint Louverture en rétablissant l’ordre et dans le même temps l’Esclavage. Presque en même temps, Richepance est envoyé en Guadeloupe. le Colonel Delgrès, commandant à Basse Terre, convaincu du fait qu’il vient pour y rétablir l’Esclavage, va déserter l’armée française et organiser la résistance.
Delgrès va donc devenir rebelle et prendre la tête d’un groupe d’hommes armés, bien décidés à lutter pour conserver cette liberté durement acquise, après quatre siècles de déportations et d’avilissements.

Le 10 mai, Louis Delgrès publie une Déclaration. Il dénonce aussi les sombres desseins de Bonaparte et de Richepance : « Il existe des hommes malheureusement trop puissants par leur éloignement de l’autorité dont ils émanent, qui ne veulent voir d’hommes noirs, ou tirant leur origine de cette couleur, que dans les fers de l’Esclavage ». Le jour de la publication de cette Déclaration sans appel, les premiers combats s’engagent. Deux jours plus tard, les femmes Guadeloupéennes s’engagent à leur tour dans la bataille et infligent de lourdes pertes aux soldats français. Malgré cette opiniâtreté, à défendre une liberté déjà difficilement acquise, la loi du nombre aura rapidement raison des Guadeloupéens regroupés autour de Delgrès.
Le 14 mai 1802, débute le siège du Fort Saint-Charles où Delgrès s’est retranché avec ses hommes. Après 10 jours de combats acharnés, Delgrès et les autres officiers rebelles, à cours de munitions, quittent le fort avec le reste de leur troupe par la poterne du Gallion. Ils se regroupent alors en plusieurs bataillons distincts. Louis Delgrès réfugié avec les 300 hommes qui lui restent sur les hauteurs du Matouba fait face à 1800 soldats. Les Guadeloupéens résisteront malgré tout et parviendront, encore, à se déplacer jusqu’à l’Habitation Danglemont, à quelques kilomètres de là.

Le 16 juin 1802 est publié un arrêté rétablissant l’Esclavage en Guadeloupe.

Aujourd’hui, Louis Delgrès reste l’un des symboles de la lutte pour la Liberté dans les îles françaises de la Caraïbe. Son nom s’affiche sur de nombreux bâtiments publics. Une statue à son effigie, située sur le boulevard des héros dans la commune des Abîmes en Guadeloupe, ainsi que le mémorial qui lui est dédié à Basse Terre, témoignent aussi de l’attachement et du respect profond que lui porte le peuple guadeloupéen. Le ministère français de l’Outre-mer lui a consacré une plaque apposée à l’intérieur de ses locaux.
Une plaque au Panthéon porte son nom.

 


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alex
written by Invité on 23.5.07

c cool

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Dernière mise à jour : ( 13-07-2006 )
 
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