| Mylène Wagram : comédienne, actrice, conteuse, metteuse en scène |
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| 01-10-2006 | ||||
Page 1 sur 2 ![]() Son parcours
FORMATION / STAGES CINEMA - Africa Paradis de Sylvestre Amoussou - Zouk-Mariage de Wélélé réalisation J.A. Laou - Antilles sur Seine de Pascal Légitimus TELEVISION
La Kiné réalisation. Aline ISSERMAN FR2
Interview du 13 septembre 2006
Kribich.com : Parles nous de ton parcours et d’où te vient ta passion pour le théatre ?
Très tôt, j’ai demandé à mes parents à partir en Angleterre faire une école un peu comme « Fame » : suivre ma scolarité et en parallèle, jouer d’un instrument, apprendre à danser, faire du théâtre, etc. Ma mère m’en a dissuadé, je la comprends et je l’en remercie maintenant. Donc j’ai suivi un cursus scolaire, classe prépa, Hypokhâgne, Khâgne. Pendant ce temps, j’ai démarré avec le théâtre noir , mon père était mon complice. Et un jour, j’ai invité ma mère à venir me voir jouer le spectacle « Gouverneur de la Rosée ». Après m’avoir vue, elle m’a dit : « Bon, mais si tu le fais, fais le bien ! » En parallèle, je prenais des cours pour être professeur d’art dramatique.
Kribich : Depuis combien de temps est-tu dans le milieu et quels sont tes domaines de prédilection (le théâtre, le cinéma, l’animation, …) Ce sont des actions extrêmement importantes car, en tant qu’adulte, je me sens responsable de la jeunesse de cette société. Cela demande une disponibilité, de l’énergie, de la patience mais aussi de la passion, de l’humilité et de l’abnégation. Je trouve ça génial ! J’anime aussi des ateliers d’écriture avec des personnes blessées. Dans mon travail, il n’y a pas de complaisance dans le malheur, je les considère comme des personnes « capables de » ; donc elles travaillent comme d’autres et font d’ailleurs de très belles choses. Pourtant, je n’ai pas de préférence parmi tous ces domaines. Je ne fonctionne pas en terme de préférence mais en terme de diversité, j’en ai besoin. Tout tourne autour de la même chose et tout est en tout. Par exemple, quand je travaille en atelier avec les jeunes et qu’ensuite je travaille avec un metteur en scène, je me sers de ce que j’ai pu vivre en faisant faire pour à mon tour faire. J’aime mon métier, le fait de me sentir aimée, reconnue, c’est merveilleux de voir un public qui a aimé un spectacle. Mon cœur se gonfle car j’ai donné quelque chose et que j’ai juste été un vecteur. Mais c’est un métier, il a un prix comme tout. Je fais aussi des choses que je n’aime pas. Je dois, malgré la fatigue, tout de même assurer une représentation. Je trouve important de dire les choses vraiment tel qu’elles sont. Cela ne sert à rien de faire croire que tout est drôle tous les jours. Même parmi les stars, il y en qui deviennent folles, qui sont immatures,… .
D’autre part en tant que noire. Parfois, on m’appelle parce que je suis noire ou au contraire, on ne me prend pas pour un rôle justement pour cette raison. Mais on avance doucement, j’ai confiance en l’évolution : on arrivera à une égalité. On finira par voir une femme comme une femme et pas comme une femme noire. On arrivera à une sorte d’évidence, de constat.
Le combat réside dans le fait de faire (des spectacles, des films, des pièces). Il nous faut créer des lobbying et convaincre les gens d’investir…et c’est en train de se faire. Il y a de l’argent en Afrique, aux Antilles. S’il n’y a pas de possibilité en France, je vais ailleurs, là où il y a du travail. Par exemple, je suis médecin donc j’intéresse la France, mais quand j’ai besoin de qualification, on me renvoie dans mon pays. Donc moi, cette sournoiserie, je n’en veux pas.
On est dans cette espèce de chose sociale où l’on met des mots : tu n’es plus balayeuse mais technicienne de surface, c’est la même chose pour « minorités visibles », mais il faut qu’on arrête car on met des couches sur des couches, on met des pansements au lieu de mettre la plaie à vif et de tout faire pour qu’elle cicatrise mais à vif.
Je pense que ça vient du système, des médias. |
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| Dernière mise à jour : ( 19-10-2006 ) | ||||
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