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La loi Gayssot doit être élargie à l'esclavage colonial ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
12-10-2006
Dans un communiqué de presse édité à Paris, le 12 Octobre 2006, Le Comité de Marche du 23 Mai 1998 (CM98), le collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais et Mahorais, la coordination nationale des associations Antillaises, Guyanaises et Réunionnaises ainsi que Média Tropical demande à ce que la loi Gayssot, qui veut que toute contestation d'un crime contre l'Humanité soit punie, soit étendue à l'esclavage colonial.

 

 

Trois groupes de français perpétuent encore aujourd'hui la mémoire douloureuse du crime contre l'Humanité qui a été perpétré contre eux-même ou contre leurs ancêtres:

- Les Français d'origine juive qui se sont battus de nombreuses années pour que la mémoire de la Shoah ne soit pas contestée en particulier lorsqu'il n'y aura plus de survivants directs de ce crime contre l'Humanité. En 1990, ils obtinrent satisfaction avec la promulgation de la loi Gayssot, article 24 bis de la loi de la liberté de la presse, punissant tout auteur de contestation de la Shoah comme crime contre l'Humanité.

- Les Français d'origine arménienne, dont le génocide commis envers leurs parents par l'état turc, fut reconnue par la République française en Janvier 1998. Aujourd'hui, devant la persévérance des associations arméniennes de France, le parlement s'appête à étendre la loi Gayssot au génocide Arménien

- Enfin, les Français originaires de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de la Réunion dont les sociétés sont nées dans l'esclavage colonial (traite et esclavage des nègres) et qui portent toujours en eux les stigmates de ce crime conte l'Humanité. En dépit de la loi Taubira de 2001 qui reconnait l'esclavage colonial comme crime contre l'Humanité, en dépit des déclarations sincères ou affectées du président de la République le 10 mai 2006, en France, les insuffisances de la loi autorisent la contestation de l'esclavage colonial comme crime contre l'Humanité. Le Comité de Marche du 23 Mai 1998 (CM98), dont la mission est de faire connaître et respecter l'histoire et la mémoire des esclaves des anciennes colonies françaises, l'a appris à ses dépends, lors du procès intenté devant le TGI de Paris, à Max Gallo. Ce dernier avait déclaré, le 4 décembre 2004 sur France 3, à propos du rétablissement de l'esclavage par Napoléon: "Est-ce un crime contre l'humanité, peut-être, je ne sais pas".

. Attendu que la reconnaissance d'un crime contre l'humanité est une question éthique, politique et non pas qu'historique,


. Attendu qu'il n'existe pas de crime contre l'Humanité qui soit supérieur à d'autres,

. Attendu qu'établir une hiérarchie entre des crimes contre l'humanité serait contraire aux principes de concorde et d'égalité de notre République,

. Attendu que la mémoire de toutes les victimes de crime contre l' Humanité soit être respectée,

. Attendu qu'il ne saurait y avoir dans notre pays de citoyens de seconde zone,

Nous, Guadeloupéens, Guyanais, Martiniquais et Réunionnais vivant dans l' Hexagone,

descendants des esclaves des anciennes colonies françaises :

Exigeons solennellement que la reconnaissance des souffrances de nos parents soit effective et sans équivoque,

Exigeons que soit portée devant le parlement une loi visant à pénaliser la négation de l'esclavage colonial comme crime contre l'humanité.

Et ce sera justice !




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Dernière mise à jour : ( 12-10-2006 )
 
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