| littérature : Justin LHERISSON et le genre de l' "audience" |
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| 13-01-2007 | ||
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Justin LHERISSON est né à Port-au-Prince (Haïti) le 10 février 1837. Il enseigna l'histoire d'Haïti et la géographie au Lycée Pétion, fonda et dirigea le quotidien "Le Soir", où il critiquait le Gouvernement en résumant les faits marquants de la semaine. Il composa les paroles de l'hymne haitien. Ses principales oeuvres sont : La famille des Pitite-Caille. (Les fortunes de chez nous) . (Les fortunes de chez nous)Zoune chez sa ninnaine Il décéda le 15 novembre 1907.
Dans le genre littéraire de l' "audience", il y a souvent le même ton, et la même réflexion sur l'importance de la parole, en Haïti. L'être n'y acquiert une existence que pris dans le tissu des commentaires que l'on fait autour de lui. Mais en même temps, une note directement adressée au lecteur, dès le début, signale qu'en Haïti, la parole est fréquemment mensongère, car dissociée de son objet réel. Le lecteur finit par s'interroger sur la validité de ce qu'il lit : tout se passe comme si le narrateur se tenait lui-même à distance des personnages, comme s'il avait une attitude d'observateur, distant, en retrait par rapport à la vie de tous les jours, la vie politique. Résumé du Roman La Famille des Pitite-Caille (roman précurseur de ce genre) Un homme du peuple, Eliézer Pitite-Caille s'enrichit grâce à l'industrie de sa femme Velléda, renommée tireuse de cartes et préparatrice de philtres que même les dames de la haute société consultent en cachette. Les Pitite-Caille vont habiter les beaux quartiers et envoient leurs enfants faire des études en France. Le malheur s'abat sur eux lorsqu'Eliezer se met en tête de rentrer en politique car Boutenègre agent électoral va lui soutirer d'énormes sommes d'argent. Puis sa popularité engendrera son arrestation et il devra arrêter la politique. A la fin, après sa mort, le reste de sa fortune sera dilapidé par ses propres enfants et sa veuve se résignera à devenir l'une des cinquante concubines d'un militaire haut gradé.
L'aventure de Pitite-Caille donne à Justin Lhérisson l'occasion de traiter (pour la première fois en Haïti) les péripéties d'une campagne électorale.Dans son roman, Justin Lhérisson critique à travers l'humour notamment les principes sur lesquels repose la politique haïtienne, les moeurs électorales et une série de traditions haïtiennes ( en dénonçant par exemle les conditions de détention carcérale ). Mme Florida Boycotte, commerçante en ville, recueille et élève sa filleule Zoune, fille de paysans des mornes. Celle-ci grandit et devient une belle adolescente que l'amant de Mme Boyotte, l'officier de police Cadet Jacques, se jure de posséder. Prières, cadeaux, menaces n'y font rien, et Zoune n'échappe au viol que de justesse. Elle se plaint à sa marraine, mais Cadet Jacques ayant soutenu que c'est la jeune fille qui lui avait fait des avances, elle est mise à la rue par sa ninnaine ("marraine" en créole). Grâce à ce roman, pour la première fois la vie paysanne est décrite sans complaisance, avec les brutalités, l'ignorance ... . |
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| Dernière mise à jour : ( 13-01-2007 ) | ||
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