| Poésie: Je m'en vais d' OZOUA |
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| 18-06-2007 | ||
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Ozoua est écrivain et poétesse. Nous l'avons rencontrée afin de lui poser quelques questions sur son dernier recueil de poèmes: "Je m'en vais". Ainsi, elle est l’auteur des recueils qui sont « La vie au fil des mots », Editions Afridic (2003), « Sonjé Yo (souvenez-vous d’eux) », Idom Editions (2004) qui sera réédité, et « En poésie la vie », Société des Ecrivains (2006).
Elle est l’initiatrice et co-auteure de l’anthologie hommage à
Aimé Césaire – Symphonies Nègres, »
IDOM EDITIONS (2006) écrit dans le cadre des 93 ans d’Aimé
Césaire, Député-maire de Fort-de-France et grand
écrivain poète de renom.
"Le titre de mon 5ème livre « Je m’en vais » n’a pas été choisi par hasard parce qu’il s’inscrit dans une sorte de défi. En effet, un poète m’a proposé de faire un texte sur « Je m’en vais », lui faisant de même. Il avait même émis le souhait que nous fassions une œuvre commune autour de ce titre. Le projet fut abandonné. J’ai constitué un carnet poétique de 9 poèmes tournant autour de « Je m’en vais », vendu à un prix modique, ceci, afin de sensibiliser le public à ma poésie. Cela n’a pas remporté le succès escompté. L’idée m’est donc venue d’écrire un livre ayant comme titre « Je m’en vais » et tous mes poèmes seront écrits autour de ce thème. J’ai complété la collection existante, l’ai enrichi de nouveaux textes et donne le livre que voici. J’ai donc relevé le défi d’écrire seule plus d’une vingtaine de poèmes tournant autour de cet unique thème."
Kribich.com: Je m'en vais... Ce concept phare de ton livre s'inscrit comme un leitmotiv, la notion de départ est si importante pour toi ? D’entrée de jeu le cadre est posé puisque le titre parle de lui-même. Je m’en vais est une évocation au voyage, un voyage initiatique, un voyage intérieur, un voyage de soi vers l’autre et de l’autre vers soi. Effectivement, la notion de départ est vraiment importante pour moi. Il signifie le départ d’une vie nouvelle faite d’implication dans tous les domaines, personnel comme professionnel et de réussite dans mes entreprises. C’est tout un programme que je me suis fixée en cette année 2007 comme point de départ. J’ai décidé de donner un nouveau souffle à ma vie, de m’ouvrir aux autres et de vivre de ma plume. J’ai rencontré d’énormes difficultés quant à la conception et à la publication du livre. Après mûres réflexions, j’en ai conclu que cette œuvre avait beaucoup d’importance. Car il rentrait dans un cadre, un projet de vie et n’était qu’en quelque sorte l’engagement et la consécration de mon destin. J’aime beaucoup les voyages et j’ai eu l’occasion de découvrir 3 continents l’Afrique, l’Amérique et l’Europe. Le voyage est très évocateur pour moi car il implique aussi une notion de déplacement, de découverte, d’enrichissement et d’échange.
Kribich.com: La notion de départ est souvent liée à celle de l'éloignement, pour ne pas dire la fuite... as tu l'impression de fuir quelque chose ? Non, je ne suis pas du tout dans la fuite. Je suis au contraire dans l’action. Il y a une idée de déplacement, de mouvement, de progression et de maturité. Ces notions sont très positives pour moi.
Kribich.com: T'en vas tu d'un endroit pour te rapprocher de toi-même ? Je sors d’un endroit pour me rapprocher de moi-même, explorer mon moi le plus profond pour me découvrir, mieux me comprendre pour être à même de comprendre l’autre. Si on ne se comprend pas soi-même, on ne peut comprendre l’autre car tout part de soi.
Kribich.com: Les sujets de société inhérents à l'humain te tiennent beaucoup à coeur, mais la pauvreté, la colonisation, et autre écologie bouleversée par dessus tout... pourrais tu nous en dire un mot ? Sont-ce des notions proches de toi ? Le poète est sensible à tout ce qui l’entoure et a un esprit critique sur les faits de sociétés. Il est donc à même de sensibiliser l’autre sur des thèmes divers comme la tolérance, la nature, l’environnement. C’est un porte-parole, un témoin des événements passés et présents. C’est un voyant, un visionnaire, il pressent l’avenir. Il est garant d’une mémoire. Le poète a un rôle de passeur, il est porteur de messages. Il fait prendre conscience des valeurs humanistes. En tant que poétesse, les sujets de société me tiennent beaucoup à cœur car mon sujet de prédilection est la vie, vaste sujet, qui me laisse une grande liberté d’écriture. Je n’ai pas peur d’aborder les thèmes les plus divers qu’il s’agisse de la pauvreté, l’esclavage ou la colonisation. La plupart de ces sujets ont été abordés dans mes recueils précédents qui sont respectivement La vie au fil des mots, Sonjé Yo (Souvenez-vous d’eux), En poésie la vie ou l’anthologie Hommage à Aimé Césaire Symphonies Nègres. J’en ai fait de même dans des poèmes inédits.
5) Ta poésie est simple et directe, et loin d'être abstraite, te ressemble t'elle ? J’aime la simplicité. Je suis là pour transmettre un message qui doit être compris de tous, des enfants comme des adultes. J’ai le soucis de me faire comprendre du lecteur dans tout ce que j’écris, car je veux le renseigner.
6) Que conseilles-tu aux jeunes qui veulent se lancer dans l'écriture d'un livre ? Je leur conseille de ne pas hésiter de se lancer s’ils se sentent une âme d’écrivain. Il y a des jeunes qui écrivent des poèmes ou de courts textes comme le conte, les nouvelles ou des pièces de théâtre, mais qui n’ont pas encore l’intention d’écrire un livre. Ils peuvent déjà avoir une approche de l’écriture pour tous, en publiant leurs œuvres dans des revues ou participer à des concours. D’autres savent précisément ce qu’ils veulent et travaillent en conséquence. Publier un livre n’est pas une tâche facile surtout dans le domaine de la poésie et pour tout ce qui concerne la propriété intellectuelle. Le milieu de l’édition est un milieu de requin et bons nombres s’y font prendre. Ils ne doivent pas hésiter à contacter des écrivains qui ont déjà une certaine expérience, se renseigner auprès d’organismes publics comme le Centre National du Livre, le Ministère de la Culture ou la Société des Gens de Lettres. Des livres existent et fournissent nombre de renseignements pour les écrivains non avertis comme le Guide Lire Comment se faire éditer ?
Pour les jeunes qui envisagent de faire carrière et de vivre de leur plume, le compte d’auteur n’est pas valable parce qu’ils ne sont pas reconnus en tant que tels par les institutions publiques. Ils ne pourront donc pas bénéficier des avantages liés à la profession comme les bourses, les résidences d’écrivain et certains concours littéraires comme le Prix Goncourt ou Renaudot.
Je remercie Kribich pour cette interview. A bientôt.
Kribich.com: Ce fut un plaisir !
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| Dernière mise à jour : ( 18-06-2007 ) | ||
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